mai 2017
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Comprendre les déficiences

La déficience auditive

Comprendre la déficience

La déficience auditive peut survenir à n’importe quel moment de la vie. Elle recouvre des réalités bien différentes pour chaque personne. Rien à voir par exemple entre une perte d’audition liée au vieillissement et une surdité profonde de naissance.

Les conséquences et les solutions de compensation vont varier en fonction de trois facteurs :
• le type de surdité,
• le degré de la déficience,
• l’âge auquel elle est apparue.

Deux types de surdité

Il existe deux fonctions bien distinctes dans l’appareil auditif. L’oreille externe et l’oreille moyenne se chargent de la transmission des ondes sonores. L’oreille interne et les centres nerveux auditifs transforment ces ondes en message.

On distingue deux types de surdité :
- La surdité de transmission est un problème mécanique au niveau de l’oreille externe ou moyenne. Le son n’est pas déformé mais il est transmis plus difficilement. C’est la plus fréquente.
- La surdité de perception est une perturbation de la réception du son au niveau de l’oreille interne et du nerf auditif. La perte de l’audition est parfois totale, mais elle peut aussi ne pas toucher toutes les fréquences. Il y a distorsion ou déformation du message sonore. Il arrive que la surdité soit mixte, à la fois de transmission et de perception.

La compréhension de la parole

Entendre ne signifie pas comprendre : des personnes sourdes peuvent réagir à la parole et ne pas comprendre le message.

La parole est sans doute le message sonore le plus compliqué, elle présente de très grandes et très rapides variations de fréquence (la fréquence est la hauteur de son).

La perte auditive n’atteint pas toutes les fréquences. Voilà pourquoi le message est déformé. Selon les fréquences atteintes, la confusion des sons sera différente et la perception de la parole sera plus ou moins bonne. Par exemple, une personne sera capable d’analyser les voyelles mais pas les consonnes.

L’audition peut être perturbée par un acouphène, qui est un bruit entendu jour et nuit, dans une ou les deux oreilles et parfois dans la tête.

Le degré de déficience

De l’audition normale à la surdité totale, il existe plusieurs degrés de déficience auditive. Tout dépend du niveau de perte de l’ouïe, qui se mesure en décibels.

Quatre degrés de déficience peuvent être distingués :
• déficience légère,
• moyenne,
• sévère,
• et profonde.

Les personnes malentendantes sont atteintes de surdité légère ou moyenne.

Déficience auditive légère
La déficience auditive légère correspond à une perte de 20 à 40 décibels. La parole est perçue à voix normale, mais pas à voix chuchotée, de loin, ou dans un environnement sonore parasite. Il suffit dans ce cas d’améliorer les conditions d’audition.

Déficience auditive moyenne
La déficience auditive moyenne correspond à une perte de 40 à 70 décibels. La parole est perçue si on élève la voix et qu’on est assez près. La personne a du mal à distinguer la voix du fond sonore. La lecture sur les lèvres améliore la compréhension. L’appareillage permet de remonter l’audition dans la norme.

Déficience auditive sévère
La déficience auditive sévère correspond à une perte de 70 à 90 décibels. Seule la voix forte est perçue, près de l’oreille. L’appareillage devient indispensable.

Déficience auditive profonde
La déficience auditive profonde correspond à une perte supérieure à 90 décibels. Il n’y a pas de perception des sons, ou trop peu pour entendre le langage parlé sans appareillage. Mais l’amplification acoustique ne suffit plus. La langue des signes, la lecture labiale ou l’écrit sont indispensables pour communiquer.

L’ancienneté de la déficience

L’âge auquel la déficience apparue est évidemment un facteur très important. La surdité est avant tout un handicap de communication.

Pour les enfants nés sourds ou qui ont perdu l’ouïe avant d’avoir appris à parler, l’accès au langage oral et aux apprentissages fondamentaux comme la lecture et l’écriture est très difficile. Une prise en charge adaptée et suffisamment précoce est indispensable. Une longue rééducation, dont l’efficacité dépend souvent de l’implication des parents et de l’entourage, peut préparer l’enfant sourd ou malentendant à sa vie d’adulte.
Il faut malgré tout noter qu’une grande proportion de personnes sourdes doit faire face à des problèmes d’alphabétisation, voire d’illettrisme.

Pour les personnes devenues sourdes, le problème est différent. Elles ont acquis le langage parlé et écrit avant de devenir sourdes. C’est une aide précieuse. Elles privilégient souvent la lecture labiale, car elles connaissent la langue et ont une mémoire auditive. Mais lire sur les lèvres demande un apprentissage qui reste assez long.

La surdité est un handicap invisible. Les entendants ont tendance à l’oublier si la personne sourde parle bien. Certains sourds profonds communiquent très bien oralement. Cependant, le niveau de langage ne correspond pas toujours au degré de compréhension.

Les incidences en situation de travail

Le handicap essentiel lié à la déficience auditive est la communication : comprendre et se faire comprendre. Mais les situations vont être très variables.

Se faire comprendre

Une personne peut être sourde et s’exprimer oralement. Certains sourds profonds ont appris à parler, on les appelle « oralistes ». Leur diction un peu particulière peut être cependant difficile à comprendre dans un premier temps.
L’écrit peut être un moyen, mais certaines personnes sourdes ont également des difficultés à écrire.
La langue des signes est le plus souvent incomprise dans l’entreprise et n’est utilisée qu’en présence d’un interprète.

Comprendre

La lecture labiale, c’est-à-dire le fait de lire sur les lèvres, est souvent pratiquée par les personnes sourdes, mais elle est incomplète. Seule une partie du message est vraiment lue, le reste est interprété. Les réunions, les conversations en groupe sont en particulier désagréables pour quelqu’un qui entend mal.

L’accès à l’information

L’information que reçoit la personne sourde ou malentendante est souvent très incomplète. Elle ne sait pas toujours à qui s’adresser pour la reconstituer.
L’identification des interlocuteurs passe souvent en entreprise par une communication informelle, dans un couloir, par exemple. Elle peut échapper aux personnes déficientes auditives.

L’intégration au collectif, les relations de travail

Le sentiment d’isolement est fréquent chez les personnes sourdes ou malentendantes en entreprise. Il faut une certaine discipline pour établir des échanges, ce qui n’est pas toujours le cas, par exemple pendant les conversations en groupe. Les entendants se soucient moins des expressions et des gestes. Ils ont pourtant une grande importance pour les personnes sourdes et peuvent être mal interprétés : les personnes déficientes auditives peuvent croire, par exemple, qu’on se moque d’elles quand il y a des rires. Ces situations peuvent générer des tensions ou même l’exclusion malgré la bonne volonté générale.

L’environnement de travail

Les sourds et les malentendants développent des stratégies visuelles qui peuvent être perturbées par l’environnement. L’éclairage, les signaux lumineux, l’organisation de l’espace de travail - être face à ses interlocuteurs - sont très importants.
Les bruits de fond sont très amplifiés par les prothèses auditives. Ils diminuent la compréhension de la parole et sont une cause de fatigue, même dans le cas d’une surdité sévère.
Une journée de travail peut être fatigante pour une personne malentendante. Il lui faut faire plus d’efforts pour communiquer, elle doit prêter plus d’attentions à son environnement. Il lui faut de bonnes conditions pour comprendre et la fatigue peut gêner sa compréhension.

Compenser le handicap

Chaque situation est particulière. Les besoins de compensations dépendront principalement des stratégies développées par la personne elle-même.

Comme dans toute situation de handicap, l’idéal est donc d’associer la personne le plus possible à l’organisation et aux décisions :
• comment préfère-t-elle communiquer avec les autres (lecture labiale, langage gestuel, lecture, écriture),
• quelle est sa maitrise de la langue des signes, du français écrit et parlé,
• connaît-elle l’informatique,
• est-elle appareillée,
• est-elle sensible au bruit ambiant ?

L’enjeu de l’intégration repose sur la qualité de la relation de travail, dans l’environnement immédiat comme dans l’entreprise en général. La surdité ne se voit pas, surtout si la personne parle, ce qui peut provoquer des malentendus et des tensions. Informer et sensibiliser les autres personnes dans l’entreprise, rappeler certaines base de communication permet de faciliter l’intégration et d’éviter l’isolement.

Les principales aides et adaptation

L’organisation : il s’agit d’un élément essentiel. Il est important de bien préciser les circuits d’informations et d’identifier une personne chargée de la transmettre. Si la personne déficiente auditive a une bonne maîtrise du français, les consignes et les autres informations pratiques peuvent être transmises par écrit. Il faut malgré tout veiller à ne pas couper la personne des rapports humains.

Les aides techniques auditives : même si la personne dispose d’un appareillage, l’amplification peut être reprise par certains systèmes collectifs, comme les boucles magnétiques ou les micros HF. Cela permet d’apporter une aide et un confort supplémentaires. Pour le téléphone, le signal peut lui aussi être amplifié, ou le téléphone équipé d’une boucle d’induction.

Les compensations visuelles : des signaux lumineux d’alarme ou des dispositifs tactiles peuvent être mis en place. L’Internet apporte une aide précieuse à la communication : messagerie électronique, forums, dialogue en direct avec le « chat »… Le téléphone portable permet à la personne sourde de communiquer par « textos » avec n’importe quel correspondant possédant un téléphone portable, et elle est facilement joignable.

Les aménagements de l’environnement : ils peuvent comprendre l’éclairage ou l’acoustique, en passant par la réduction des bruits de fond. La position de la personne dans la pièce est importante, pour lui donner un champ de vision le plus large possible.

Les aides humaines : une tierce personne peut aider à la traduction ou à la médiation pour certains événements particuliers, comme les entretiens avec l’employeur, des réunions, des temps collectifs, la visite médicale, ou même simplement des temps prévus pour « faire le point ». Selon la situation et les besoins de chaque personne, on peut faire appel à un interprète en Langue des Signes, un interface (qui est plus un médiateur et utilise le mode de communication privilégié de la personne sourde), un preneur de notes, un codeur en Langage Parlé Complété…

Pour la communication au quotidien, l’expérience montre que beaucoup d’échanges restent possibles par gestes ou expressions, ce qui est à la portée de chacun… Et en situation d’apprentissage, les schémas, les dessins, seront souvent plus efficaces que de longues explications.

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La déficience motrice

Comprendre la déficience

La déficience motrice est le plus souvent associée à l’image de la personne en fauteuil roulant. Pourtant cette situation ne représente pas la déficience motrice en général.

La motricité s’appuie sur un schéma corporel complexe : le système nerveux, la moelle épinière, les muscles, les nerfs, les articulations... La déficience touche en fait à l’un ou plusieurs de ces éléments plutôt qu’à telle ou telle partie du corps.

C’est pourquoi l’on retrouve sous le terme de « handicap moteur » des affections ou altérations très diverses, qu’elles soient en lien direct avec la déficience ou qu’elles constituent des difficultés associées : paraplégie ou tétraplégie, infirmité motrice cérébrale, scléroses, amputations, mais aussi scolioses, polyarthrites, nanisme…

La déficience motrice peut être congénitale ou acquise. Une déficience congénitale est due à une malformation de l’enfant à naître, du squelette ou des membres par exemple. Une déficience est acquise lorsqu’elle est due à une maladie, au vieillissement, à l’usure au travail…

Définition

Une déficience motrice est une atteinte de la capacité du corps ou d’une partie du corps à se mouvoir. Cette capacité peut concerner, entre autres :
• le déplacement, comme la locomotion et les transferts d’un siège à l’autre, les changements de positions,
• la posture, autrement dit la difficulté à se tenir debout ou assis,
• l’action sur le monde extérieur, comme la préhension ou la manipulation d’objets,
• la communication, c’est-à-dire les paroles, les gestes et les mimiques, l’écriture,
• la perception du monde extérieur, comme le mouvement des yeux et de la tête,
• l’alimentation, comme la déglutition ou la mastication…

La déficience peut avoir des répercussions sur tout ou partie de ces activités, et dans des proportions plus ou moins grandes.

Dans tous les cas, la déficience motrice ne doit pas être confondue avec une déficience intellectuelle. Certaines personnes ont des difficultés d’élocution, par exemple, mais leurs capacités intellectuelles ne sont absolument pas affectées.

Le degré de la déficience

Contrairement à certaines déficiences, il n’y a pas d’échelle permettant de classifier les différents degrés de déficience motrice.

Ce qui détermine pour l’essentiel le degré de la déficience se mesure à travers l’autonomie de la personne, dans ses déplacements, ses transferts d’un siège à un autre, la manipulation des objets…

Plusieurs grilles d’évaluation existent, dans le domaine de la réadaptation ou de l’aide sociale, par exemple. Ces grilles établissent, à partir d’une liste de tâches à réaliser, si la personne :
• fait seule,
• fait partiellement,
• ou ne fait pas.

Dans le cadre d’une intégration dans l’entreprise, la question sera à traiter en tenant compte des possibilités d’aménagements et d’aides techniques.

L’âge auquel la déficience est apparue est un facteur important. La déficience sera différemment vécue si elle est acquise ou congénitale. Cela ne veut pas dire qu’elle sera mieux vécue dans l’un ou l’autre cas, mais des stratégies de compensation auront pu être mises en place plus facilement si le handicap est apparu dès la naissance, d’autant plus si l’environnement social et éducatif a été favorable.

On ne peut cependant tirer des généralités : le handicap moteur se vit en situation, et l’accès à l’entreprise peut être une situation nouvelle à laquelle il faudra s’adapter.

Les incidences en situation de travail

L’accessibilité

La question de l’accessibilité est très souvent la première préoccupation lors de l’intégration d’une personne en situation de handicap moteur. Que la personne concernée soit en fauteuil roulant ou non, cette préoccupation est effectivement essentielle et ne concerne pas seulement l’accès à l’entreprise et au poste de travail, mais aussi l’accès à tous les espaces de vie de l’entreprise, par exemple les lieux de restauration, de pause, de réunions…

Même si elle se déplace sans fauteuil roulant, une personne handicapée peut aussi rencontrer des difficultés. Une volée de marches particulièrement raide, par exemple, ou une longueur importante de couloirs.

Les déplacements doivent donc être considérés en termes d’accès, mais aussi de facilité de circulation. Un déplacement pourra être fatiguant ou parsemé d’obstacles inattendus : un système d’ouverture de porte compliqué, des boutons d’ascenseur trop élevés, ou un encombrement régulier des passages…

L’environnement de travail

Le poste de travail peut poser des difficultés si tous les besoins ne sont pas pris en compte. La station assise, par exemple, ne sera pas toujours la meilleure position pour une personne déficiente motrice, ou pas de manière continue. Des engourdissements, la fatigue ou des douleurs dues à une posture prolongée peuvent survenir.

Si des aménagements doivent être envisagés, il faut prendre en compte l’ensemble des tâches à accomplir, même si elles sont secondaires ou ponctuelles (accéder à une armoire commune ou travailler en binôme sur un bureau qui n’est pas le sien, par exemple). La personne aura-t-elle accès à tout ce dont elle a besoin ? Doit-elle partager du mobilier ou du matériel avec un collègue ? Un temps d’adaptation au matériel sera parfois nécessaire.

Comme dans sa vie quotidienne, la personne déficiente motrice développe des compensations adaptées à son mobilier et au matériel dont elle dispose dans l’entreprise. Il faudra aussi parfois adapter le matériel lui-même aux particularités de la personne.

L’intégration au collectif, la vie dans l’entreprise

L’intégration d’une personne en situation de handicap moteur en entreprise passe par le regard des autres. La déficience motrice est généralement visible et provoque parfois des réactions de curiosité ou de gêne. Ce facteur doit faire l’objet d’une attention particulière, principalement en favorisant l’autonomie de la personne concernée.

En effet, plus le handicap sera gommé par des compensations et aménagements appropriés, moins il y aura de dépendance aux autres, plus les collègues et la personne seront à l’aise. Il s’agit non seulement de se déplacer et de réaliser des tâches associées au poste de travail, mais aussi de la vie dans l’entreprise. La personne est-elle autonome pour l’alimentation ? Pour ses besoins personnels, comme aller aux toilettes ? La manière dont ces situations sont traitées sera déterminante pour une bonne intégration au collectif : pour la personne déficiente motrice comme pour les collègues, le handicap ne doit pas être un poids au quotidien...

La communication

La capacité de communication est parfois altérée par la déficience motrice. Certaines personnes peuvent avoir une élocution difficile, du fait d’une paralysie cérébrale ou de séquelles d’un traumatisme crânien. Elles peuvent se sentir rapidement exclues, les collègues ne prenant pas forcément le temps de l’échange. Il convient de veiller aux effets indirects de telles difficultés lorsqu’elles existent…

Compenser le handicap

Chaque situation est particulière. Les besoins dépendront principalement des compensations développées par la personne elle-même.

Comme dans toute situation de handicap, le principe est d’associer la personne le plus possible aux choix d’aménagements et d’organisation :
• comment préfère-t-elle être située dans un espace de travail ?,
• quels sont les éléments de conforts de son point de vue ?
• Quelles préférences ou expériences a-t-elle en matière d’aides techniques ?

L’enjeu de l’intégration repose sur une bonne prise en compte des aménagements à réaliser.

Mais ces aménagements doivent être acceptés tant par la personne que par l’entourage. Par exemple, un aménagement techniquement correct mais envahissant peut être mal vécu par la personne parce que stigmatisant aux yeux de ses collègues.

Quel que soit l’aménagement réalisé, le choix doit impliquer le salarié concerné, ses collègues, l’employeur et le médecin du travail, de manière à tenir compte des enjeux fonctionnels, organisationnels, techniques, financiers et humains. C’est à cette condition que les transformations seront bien intégrées dans l’entreprise.

Quelles sont les principales aides et adaptation ?

Les moyens de compenser une situation de handicap moteur sont très variés. Ils dépendent de la déficience de la personne, de son activité professionnelle, mais aussi des possibilités techniques et financières de modifier l’environnement de travail.

Les aides techniques : pour certaines déficiences motrices, les aides techniques peuvent compenser une mobilité restreinte des membres supérieurs. Par exemple, une dictée vocale pour faciliter la saisie informatique ou un clavier adapté à telle ou telle paralysie. L’ordinateur lui-même pourra devenir une aide technique ou des éléments de mobilier spécifiques. L’ergonomie comme la technologie offrent aujourd’hui une palette de solutions variées aux différentes situations handicapantes.

L’aménagement de l’espace de travail : l’outil de travail peut être modifié pour éliminer certains gestes ou réorganiser une chaîne de production pour limiter les déplacements et les manutentions. Par exemple, une balance intégrée dans une table de conditionnement permet de supprimer une manipulation, un éclairage bien adapté a des répercussions sur la posture de travail et permet de réduire des tensions cervicales, une chaîne en U réduit les déplacements le long de la chaîne…

L’accessibilité du lieu de travail : la mise en conformité des bâtiments accueillant des salariés à mobilité réduite fait l’objet d’expertises et d’accompagnements techniques et financiers. Elle répond à un ensemble de normes d’accessibilité au lieu de travail régies notamment par le code de la construction et le code du travail. C’est le cas notamment des adaptations des commandes d’ascenseur, de l’installation de rampes d’accès, de la largeur des allées de circulation, de l’aménagement des toilettes…
Il faut aussi examiner les contraintes de circulation et si possible modifier quelques habitudes : dégager les espaces de circulation, laisser certaines portes ouvertes…

Les aides humaines : la collaboration ponctuelle des collègues peut être sollicitée, par exemple pour aider une personne à porter son plateau au restaurant d’entreprise. Elle ne doit pas être perçue comme une contrainte ou une gêne et doit pouvoir être maintenue dans le temps. Il est important de s’assurer que les collègues sont volontaires, et de prévoir des solutions de rechange pour ne pas mobiliser toujours les mêmes collègues.
Il est possible d’avoir recours à une tierce personne, auxiliaire professionnel ou auxiliaire de vie, pour aider à réaliser certaines tâches ou pour des besoins essentiels comme prendre les repas ou aller aux toilettes.

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La déficience visuelle

Comprendre la déficience

Pour un grand nombre de personnes, soit on est voyant, soit on est aveugle. Pourtant la déficience visuelle recouvre des situations très diverses et des handicaps très différents. Certaines personnes malvoyantes peuvent lire, mais ont besoin d’une canne blanche pour se déplacer. D’autres se déplacent sans trop de difficultés mais ne reconnaissent pas les visages. D’autres encore ne supportent pas les endroits trop fortement éclairés.

Pour comprendre les difficultés que rencontrent les personnes malvoyantes ou aveugles, il faut savoir qu’elles découlent de trois facteurs :
• la nature et la forme de la déficience,
• son degré de gravité,
• l’âge auquel elle est apparue.

La forme de la déficience

Il y a différentes façons de « mal » voir. En fait, il n’existe pas deux visions identiques chez les personnes malvoyantes.

Le problème peut par exemple venir de la perte du champ visuel, au centre ou à la périphérie.

Certaines personnes perdent la vision centrale. Elles voient assez bien en périphérie, mais pas au centre, à cause d’une tache qui les empêche de voir les détails. Elles pourront se déplacer sans difficultés mais auront du mal à lire ou à reconnaître un visage.

D’autres verront au contraire comme dans un tube. Leur vision sera nette au centre, mais très dégradée à la périphérie. Elles n’auront pas de gros problèmes pour lire, mais ne verront pas les marches d’escalier, le seuil d’une porte et ne pourront pas se déplacer sans aide…

La vision floue ne laisse percevoir que des formes et des masses d´autant plus mal définies que la déficience est importante. Les contrastes, les distances et les reliefs deviennent difficiles à apprécier.

La déficience visuelle peut aussi se manifester de beaucoup d’autres façons. Une forte sensibilité à la lumière et des problèmes d’éblouissement sont courants, c’est pourquoi ces personnes portent souvent des verres teintés.

Le degré de déficience

Le degré de la déficience a des répercussions importantes sur l’autonomie de la personne, mais aussi sur le choix des techniques à mettre en œuvre pour compenser le handicap.
En règle générale, quatre catégories de déficiences visuelles sont distinguées :
• légère ou modérée,
• grave,
• profonde,
• et totale.

- Déficience visuelle légère ou modérée
Si on est atteint d’une déficience visuelle légère ou modérée, une personne peut accomplir des tâches presque normalement avec une aide simple, des lunettes ou une loupe, par exemple.

- Déficience visuelle grave
Avec une déficience visuelle grave, une personne est capable d’effectuer une activité en s’appuyant sur la vision, mais avec des aides spécifiques et plus lentement. La fatigue est importante.

- Déficience visuelle profonde
La déficience visuelle profonde ou presque totale empêche d’effectuer toute tâche à l’aide de la vision seule, même avec des aides. Il faut alors recourir à d’autres facteurs sensoriels (l’ouïe et le toucher, par exemple).

- Déficience visuelle totale
Il y a déficience visuelle totale, ou cécité, lorsqu’il y a une absence totale de perception de la lumière. Il faut dans ce cas s’appuyer totalement sur les autres sens.

L’ancienneté de la déficience

L’âge auquel le handicap est apparu est un facteur important.

Il conditionne en grande partie la façon dont la personne va accepter et compenser son handicap.

Plus l’âge augmente et plus les habitudes pèsent et prennent de l’importance. Il est plus difficile de les remplacer par d’autres habitudes quand la déficience survient. Une personne qui a très bien vu jusqu’à un âge de maturité, et qui se met à ne plus voir correctement est beaucoup plus perdue que quelqu’un qui se sera adapté à cette situation depuis l’enfance.

Les stratégies de compensation sont différentes et elles sont essentielles pour l’autonomie de la personne.

Les incidences en situation de travail

L’accès à l’information

L’accès à l’information est le premier point de vigilance. Les informations que nous utilisons sont en très grande partie visuelles.
Dans le cadre d’une activité professionnelle, il faut étudier en particulier :
• l’exploitation et l’écriture des documents papier,
• l’utilisation de l’outil informatique,
• les outils courants qui font appel à la vision pour certaines informations, comme un téléphone à écran,
• les informations indirectes, par exemple identifier les personnes qui assistent à une réunion ou un visiteur qui se présente à l’accueil.

Il est impossible de lister toutes les circonstances qui risquent de poser problème. C’est la nature de la tâche à réaliser qui va déterminer ce à quoi il faut prêter attention. Un simple détail peut constituer un handicap supplémentaire. Par exemple, utiliser un téléphone avec affichage du numéro ne pose pas de problème s’il s’agit simplement de répondre aux appels. Mais pour quelqu’un qui tient le standard de deux sociétés et qui doit identifier l’appelant avant de répondre, l’accès à l’information est insuffisant.

La mobilité

La mobilité est bien sûr un point important. Les déplacements sont pris en compte pour évaluer l’incidence de la déficience visuelle, en particulier :
• l’accès à l’entreprise : le salarié peut-il se rendre à son travail sans difficulté et en toute sécurité par les transports en commun ?
• la circulation dans l’entreprise : l’accès aux parties communes, comme le restaurant ou les sanitaires (les déplacements dans le site ou entre les différents bureaux sont souvent oubliés dans les descriptifs de poste),
• les déplacements à l’extérieur : même s’ils sont ponctuels ou occasionnels, ils peuvent freiner l’adaptation au poste de travail.
• la sécurité de l’environnement : même un environnement ordinaire peut représenter une source de danger pour une personne déficiente visuelle, à cause d’encombrements, de dénivelés, de sauts de marche, de seuils, de portes battantes…
• les changements dans l’environnement de travail ou les lieux de circulation posent problème s’ils ne sont pas repérés : espace réorganisé, déplacement de mobilier, accès condamnés doivent être signalés.

L’adaptation aux conditions de travail

L’adaptation aux conditions de travail doit toujours être analysée en fonction d’une personne particulière.
Les normes préétablies peuvent aider à cerner les difficultés, mais elles ne suffisent pas. Par exemple un éclairage aux normes ergonomiques habituelles peut ne pas être supporté par une personne malvoyante sensible à la lumière.

Certains aspects sont particulièrement importants dans l’environnement de travail :
- L’éclairage doit être suffisant car il permet d’utiliser la vision restante. Les effets d’éblouissement et les reflets sont gênants.
- La posture doit être étudiée : la mauvaise position d’un écran, par exemple, peut être à l’origine de migraines et accentuer la fatigue visuelle.
- L’ambiance sonore compte aussi beaucoup : les échanges sonores sont une source d’information et de repérage privilégiée pour une personne malvoyante, le bruit excessif peut la perturber.

Compenser le handicap

Certaines situations peuvent être améliorées très simplement, par exemple avec un écran plus grand ou en orientant différemment les sources de lumière. D’autres demanderont des aides techniques plus complexes.
L’idéal est que le choix des solutions soit fait avec un médecin et un ergonome. Les compensations ne seront efficaces que si elles intègrent bien les préférences et les contraintes du salarié handicapé et du collectif de travail.
Il est très important de tenir compte des besoins et des souhaits de la personne. En effet, la nature de la déficience et les stratégies personnelles de compensation rendent chaque situation particulière. La personne déficiente visuelle doit s’approprier les solutions retenues, mais il faut aussi que ces solutions soient bien acceptées par son entourage professionnel.

Les aides techniques

Grâce à des périphériques et des logiciels adaptés, les personnes handicapées visuelles peuvent, aujourd’hui, utiliser un ordinateur. Une machine à lire ou un télé-agrandisseur peut leur permettre de lire des documents imprimés à condition que l’impression soit de bonne qualité. Des aides au déplacement peuvent être envisagés, comme des balisages tactiles ou sonores.

Les aides humaines
Un accompagnement par une personne, extérieure ou non à l’entreprise, est parfois nécessaire pour les déplacements ou les repas, par exemple. Cet accompagnement peut être fait pendant un temps d’adaptation à l’environnement ou à la situation de travail nouvelle, par exemple pour le trajet entre le domicile et le lieu de travail.

Les aménagements
Les tâches exigeantes visuellement peuvent être alternées avec des tâches plus reposantes, par exemple.
L’organisation du travail peut être aménagée, ainsi que l’environnement. Il est possible de modifier l’éclairage, réorganiser le bureau, apporter de petits aménagements dans le mobilier…

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Le handicap psychique

Comprendre la déficience

Le handicap psychique n’est pas la conséquence d’une déficience proprement dite. Il ne faut pas confondre la déficience intellectuelle (souvent associée au « handicap mental ») avec le handicap par la maladie mentale, qui affecte le psychisme.

La personne handicapée psychique présente une pathologie psychiatrique, apparue au cours de la vie, entraînant des troubles affectifs et émotionnels.

Le handicap psychique est variable, et il implique des soins de longue durée.

Les causes possibles sont multiples.

Les termes médicaux, comme psychose, compulsion, névrose, troubles bipolaires… ne sont maîtrisés que par les psychiatres. Quant ils sont employés par des personnes dont ce n’est pas le métier, ils sont la source de confusion, de simplification et d’idées préconçues. L’entreprise n’a pas à connaître le diagnostic ni l’origine des troubles puisqu’elle n’est pas chargée de soigner.

Des formes et des degrés différents

Les troubles psychiques peuvent prendre des formes très diverses selon les personnes. Ils peuvent toucher :
• la pensée, à travers ce qu’on appelle des obsessions ou des délires,
• la perception, dans le cas d’hallucinations, mêmes légères,
• le comportement, avec des manifestations d’agitation, de tension ou de peurs excessives,
• l’humeur, dans le cas par exemple de la dépression.

Ils sont parfois d’ordre intellectuel, du fait de problèmes de mémoire, d’attention ou de jugement. Ce ne sont là que quelques exemples, que l’on ne retrouvera pas tous pour une même pathologie.

Dans tous les cas, les troubles ont des conséquences sur la vie quotidienne, les relations sociales et le travail.

Aujourd’hui, toutefois, les personnes handicapées qui accèdent à l’entreprise ne sont pas celles qui présentent les pathologies les plus graves. Les traitements actuels, par ailleurs, permettent de réduire les principaux symptômes.

Le niveau de handicap est très variable. Le handicap psychique peut apparaître à tout âge et l’intensité des troubles varie tout au long de la vie. Il existe différents degrés de gravité, et les difficultés rencontrées sont plus ou moins importantes. Beaucoup de personnes dépressives ou très anxieuses, par exemple, sont plus facilement déstabilisées, mais elles peuvent s’intégrer dans un environnement de travail comme la plupart des personnes.

Malgré la diversité de l’expression des troubles et la variété des causes, le handicap psychique présente certaines caractéristiques fréquentes :
• la souffrance, qui est réelle et importante,
• la fragilité et la vulnérabilité,
• la tendance à l’isolement, au refus du contact, au repli sur soi,
• la dévalorisation, la perte de l’estime de soi.

Qu’il soit durable ou épisodique, le handicap psychique génère des comportements qui peuvent interpeller l’entourage.

Même s’il est utile, pour l’accueil en entreprise, d’être averti des caractéristiques les plus fréquentes, il faut considérer la personne en particulier et pas la maladie en général.

Les incidences en situation de travail

Le handicap psychique ne se voit pas d’emblée. Il se perçoit au fur et à mesure. L’entourage professionnel ne comprend pas toujours que les difficultés que peut éprouver la personne sont dues au handicap.

La mémoire et la capacité de concentration sont généralement perturbées. Les difficultés d’assimilation et d’attention sont réelles, et peuvent être assorties d’une certaine lenteur dans la structuration et l’enchaînement des idées.

Les comportements peuvent parfois sembler déroutants. Ils ne sont, en fait, qu’une accentuation des réactions et des conduites que l’on peut trouver chez tout un chacun.

L’adaptation à un rythme, à des horaires, à des règles imposées, est plus difficile, soit parce que la personne doit retrouver des repères, soit du fait même de la pathologie. La contrainte, par exemple, peut être un facteur angoissant ou déstabilisant.

Les traitements ont aussi un impact : les médicaments, même s’ils sont de plus en plus efficaces pour réduire les symptômes, ont souvent des effets secondaires gênants dans la vie quotidienne. D’autant plus s’ils ne sont pas adaptés au rythme nouveau que sera celui du travail. Il peut également arriver qu’un recours à des soins hospitaliers, même de courte durée, soit inévitable.

L’intégration au collectif de travail peut aussi nécessiter un temps d’adaptation, poser des difficultés, mais pas systématiquement. Les personnes handicapées par la maladie mentale ne sont pas nécessairement des personnes difficiles à vivre ! L’ambiance de travail est à cet égard très importante. Si la personne est bien accueillie, si elle se sent reconnue dans ses compétences, son intégration sera facilitée.

Le travail se révèle une expérience bénéfique pour la plupart des personnes en situation de handicap psychique. Ces personnes, souvent blessées par leur histoire de vie, retrouvent un sentiment d’utilité à travers le travail. Être reconnu par les autres, participer à un collectif les valorise. Le travail leur permet aussi de fixer leur attention sur d’autres préoccupations que la maladie. Si le parcours de la personne lui a permis de bien intégrer les repères et les codes sociaux, et si elle est bien accompagnée, elle a toutes les chances de s’intégrer dans une entreprise, y compris avec une pathologie importante.

Les craintes de l’entreprise et des autres salariés viennent de la représentation sociale autour de la folie, avec son lot de peurs et de fantasmes. Les progrès thérapeutiques peuvent cependant permettre à une personne handicapée par la maladie mentale de bien s’intégrer.

Compenser le handicap

L’aménagement des conditions de travail

Les adaptations nécessaires consistent généralement en un aménagement du rythme et de la durée du travail. Le choix du temps partiel sera souvent pertinent pour les personnes en situation de handicap psychique.

Bien entendu, les environnements professionnels stressants ne sont pas les plus adaptés, compte tenu de la fragilité particulière de ces personnes. Le contexte de travail ne doit pas générer de pressions excessives, le stress doit être limité ou contrôlé. Les conditions de productivité proposées devront tenir compte d’un temps d’adaptation progressif.

Il sera nécessaire, dans les premiers temps, d’assurer un suivi plus étroit du travail réalisé. En faisant des points réguliers, sans qu’ils soient trop pesants pour la personne, on pourra établir la manière dont la personne s’acquitte des activités qu’on lui confie. A partir des progrès constatés, le rythme pourra être progressivement accéléré, le volume des tâches augmenté.

Il est important de permettre à la personne de contribuer à son propre suivi, et de l’aider à prendre des responsabilités au fur et à mesure.

Les aides humaines

Le tutorat est souvent une condition nécessaire à une intégration satisfaisante. Le rôle de médiation du tuteur facilitera notamment les échanges avec l’équipe.

Le type de relation que la personne aura avec son tuteur, la confiance que celui-ci lui accordera, jouera énormément sur son évolution. Le tuteur ne doit pas laisser la personne déroger aux règles du monde du travail, même si pour cela un temps d’acclimatation est nécessaire. L
e tuteur peut aider la personne à accepter que l’on aborde ses erreurs, s’il lui manifeste en même temps du respect et de la confiance. Il est préférable de parler le moins possible avec la personne de son handicap, sauf s’il s’agit de difficultés spécifiques en lien direct avec le travail. Les personnes handicapées psychiques ont tendance à parler abondamment de leurs difficultés si on les y encourage, et le risque est de déborder très vite vers le cadre de la vie privée.

Pour ce qui concerne les collègues, une information minimum suffit pour faire comprendre que le plus important est de ne pas répondre « en miroir » aux réactions de la personne (répondre à l’énervement par l’énervement, par exemple).

Eviter l’isolement sera également un point de vigilance particulier. Le tuteur a un rôle d’alerte s’il constate une dégradation. Mais il ne s’agit pas d’exercer une surveillance constante, de se mêler de tout, ni de déresponsabiliser la personne.

Les relais internes et externes

Le médecin du travail joue un rôle important dans l’intégration d’une personne handicapée psychique. Il est primordial qu’il soit informé, et ce au plus tôt de l’intégration. Il peut intervenir dans l’entreprise ou proposer un rendez-vous. Il peut mettre en place un suivi adapté aux besoins et être un interlocuteur privilégié du médecin traitant pour ce qui concerne l’éventuelle adaptation des traitements aux exigences du poste de travail. Il peut aussi favoriser le relais vers les structures spécialisées externes à l’entreprise.

Les structures d’accompagnement spécialisées peuvent aider à résoudre certaines situations, ou proposer un appui spécifique pendant une période difficile. Elles peuvent aussi sensibiliser l’entourage professionnel de la personne concernée, si cela semble nécessaire. Ces structures assurent un rôle complémentaire à celui du tuteur et sont un atout précieux dans l’intégration d’une personne handicapée psychique.

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